Diplôme vs Google : qui gagne ?

Mis à jour : 21 juil. 2020

Aujourd’hui, ça fait un an… Un an que tu as obtenu ton diplôme ! Un an que tu goûtes aux joies du « métro, boulot, dodo », comme tous les adultes responsables.

Pour le 12e mois consécutif, tu as écouté les sages conseils de ta grand-mère : « Mets de l’argent de côté tous les mois ! Donne des noisettes à l’écureuil ! ».

Elle avait raison Mamie, mettre de l’argent de côté tous les mois, ça rapporte ! La preuve, ta banque vient de t’informer par mail que les intérêts annuels de ton Livret A viennent de t’être versés.

Plus excité qu’un ado devant une mise à jour de Fortnite, tu te jettes sur ton appli bancaire !

Quelques clics plus tard, tu découvres enfin le pactole qui est le tien :

« Intérêts créditeurs : 4,50 € »

Un peu léger, le pactole !...


Croyant à une erreur, tu te lances à l’assaut de tous les simulateurs en ligne. Tu refais scrupuleusement tous les calculs, mais le résultat est sans appel : en épargnant 100€ par mois, tu gagnes 3 pains au chocolat par an !

Au détour de tes recherches, tu apprends que le taux de ton livret va encore chuter l’an prochain, passant de 3 à 2 chocolatines annuelles !



Comme tu te fiches pas mal du débat « pain au chocolat » vs « chocolatine » et que ton but est avant tout de gagner de l’argent, tu envisages d’autres pistes...

Épargner, d’accord, mais pas pour rien !

Te vient alors l’idée du pétrole !

C’est bien le pétrole, ça fait 10 ans que tu entends aux infos que son cours ne cesse de monter !


Première étape, Google : ‘’Comment acheter du pétrole’’.

Après 20 minutes à parcourir les résultats, tu te rends compte que c’est la première fois que tu vas jusqu’à la page 4 de Google ! Tu te rends alors à l’évidence, acheter du pétrole quand on est un particulier, c’est un casse-tête.

Puis tu penses à la bourse. Si tout le monde en parle, ça doit être moins compliqué, non ? Tu appelles alors ta banque, leur annonçant fièrement que tu souhaites boursicoter !

Après avoir longuement écouté les explications de ton conseiller sur la différence entre un Compte-Titre, un PEA et une Assurance-Vie, tu optes pour le premier choix, pensant que le plus dur est derrière toi.


24h plus tard, tu es informé que ton tout nouveau Compte-Titre est disponible, tu peux enfin aller en bourse !


Première étape, tu dois définir ton profil d’investisseur. Comme c’est ta première fois, tu réponds complètement au pif au questionnaire !

Dommage, le profil que tu as renseigné ne te permet pas d’accéder à ton compte…


Tu recommences en essayant de répondre ce qu’on attend de toi. Cette fois c’est bon, ton profil est compatible, tu peux entrer !

La claque !...


Depuis le site des impôts, tu n’avais jamais vu d’interface aussi compliquée. Des flèches partout, des graphiques dans tous les sens, et un jargon qui te rappelle la fois où tu t’es endormi devant BFM Business… ‘’Ordre limité’’, ‘’Ordre marché’’, ‘’Orderbook’’, ‘’Intraday’’


Stop ! Toi tu voulais simplement miser 100 balles sur Tesla, pas faire un Master en trading !

Agacé, tu prends ton téléphone, et demande à ton conseiller d’acheter des actions à ta place. Pas de problème, cette prestation est prévue dans ton contrat. Par contre, elle t’est facturée 20€. Tu n’as donc plus que 80€ à investir…

Soit ! Alors tu veux placer 80€ sur Tesla !

Eh non, impossible ! Une action est indivisible, et celle de Tesla est à plus de 800€. Celle d’Airbus en revanche, est dans ton budget.

En l’espace de cinq minutes, tu viens de perdre 20% de ton budget épargne, et tout rêve d’être co-actionnaire d’Elon Musk.

Cette histoire, c’est la mienne...


Mais c’est également celle de centaines d’autres de ma génération.


A l’ère de la digitalisation des actifs, il faut moins d’une minute pour rembourser un resto à un pote avec Lydia. Moins d’une journée pour ouvrir une boîte et démarrer une activité. Mais quand on veut placer son argent, il faut jouer avec les règles des années 90…

La problématique est pourtant simple : un particulier veut investir, dans l’actif de son choix, pour le montant de son choix. Le tout en quelques secondes, et avec sa carte bleue.

Et c’est exactement à cette problématique que les cryptomonnaies répondent (enfin, plutôt les plateformes qui les vendent).


Quand on parle de cryptos, la première chose à laquelle on pense c’est le Bitcoin, et c’est effectivement le baron du game !

Mais depuis la grande hype des cryptos en 2017, certains entrepreneurs y ont vu une alternative à la finance traditionnelle, une nouvelle façon de se financer. Une sorte de Bourse 2.0, quoi ! (c’est un peu fort, mais c’est l’idée…).

En bourse, quand une société fait son entrée, on parle d’IPO (Initial Public Offering), sur le marché des cryptos, ce sont des ICO (Initial Coin Offering).

Bien que ces deux évènements ne concernent pas des entreprises du même calibre, les ICO sont des opportunités d’investissements sur de potentielles jeunes pousses de la blockchain.

Quand on parle aujourd’hui de cryptomonnaies, on a donc le choix entre différentes approches et différents projets. Qu’on recherche de l’or numérique, qu’on parie sur la monnaie du futur, ou qu’on investisse dans le projet d’une start-up, tout se passe sur la même plateforme.


Deux boutons : Acheter / Vendre. Difficile de faire plus simple. On achète ce qu’on veut, quand on veut. Pas d’ouverture ou de clôture, de décalage horaire avec Wall Street, ou de ‘’c’est férié à Tokyo ?’’.


Idem pour la vente, mais n’oubliez pas les impôts, car eux ne vous oublieront pas !

Aujourd’hui, personne n’est en mesure d’affirmer que le Bitcoin ou autre crypto-devises sont l’avenir de l’investissement. Elles présentent encore un risque élevé et une volatilité pas très rassurante.


Ce que je peux affirmer, en revanche, c’est que de nombreux investisseurs en herbe, nourris à Netflix et à Spotify, habitués au ‘’tout-en-un-clic’’, se reconnaissent dans l’utilisation de ces plateformes.


Et j’en fais partie !


Face à cette concurrence, pourtant en place depuis plusieurs années, les banques traditionnelles n’ont jamais réellement contre-attaqué.


Alors qu’il ne faut que quelques minutes pour s’inscrire sur Coinbase et acheter son premier Bitcoin, il faudra plusieurs jours pour passer son premier ordre en bourse via une banque, même digitale.

En conclusion, je n’ai jamais réussi à acheter une action sympa en bourse, et je ne serai probablement jamais actionnaire Tesla.

Mais j’ai continué à placer mes 100€, tous les mois, pour faire plaisir à Mamie.


Le problème, c’est qu’il va falloir que je lui explique ce que c’est le Bitcoin maintenant…